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OVNI et phénomènes du ciel

Le GEIPAN, ses classes A à D, les grandes affaires françaises et ce qu'on prend pour un OVNI.

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OVNI et phénomènes du ciel
Photo : Giorgia Hofer/IAU OAE, CC BY 4.0

La France a une singularité que peu de pays partagent : un organisme public, civil, chargé de recueillir et d'instruire les témoignages d'observation. Le GEIPAN — Groupe d'études et d'informations sur les phénomènes aérospatiaux non identifiés — est rattaché au CNES. Il a été créé en 1977 sous le nom de GEPAN, et ses dossiers sont consultables en ligne. C'est le point de départ obligé de toute discussion sérieuse sur le sujet en français.

Le vocabulaire officiel

Le GEIPAN ne dit pas « OVNI » mais PAN, phénomène aérospatial non identifié. Le changement n'est pas cosmétique : « objet volant » suppose un objet et un vol, deux choses qu'un témoignage n'établit pas. Un point lumineux dans le ciel est un phénomène observé, pas nécessairement un objet.

Les quatre classes

Chaque cas instruit reçoit une classe. A : identifié avec certitude. B : probablement identifié, une hypothèse tient mais n'est pas démontrée. C : non identifiable, faute de données exploitables — c'est la classe la plus fournie, et elle ne dit rien d'extraordinaire, seulement que le témoignage est trop pauvre. D : non identifié malgré des données consistantes, ou faute de données suffisantes pour un phénomène par ailleurs documenté. Les cas classés D représentent environ 3 % du total, sur plus de 3 000 cas instruits.

Ce chiffre mérite d'être retenu dans les deux sens. Il est assez bas pour écarter l'idée que le ciel serait quotidiennement visité. Il est assez stable pour qu'on ne puisse pas prétendre que tout est expliqué.

Comment un signalement est instruit

Le témoin remplit un formulaire : date, heure, lieu, direction, durée, hauteur apparente. Le GEIPAN recoupe ensuite avec les données disponibles — trafic aérien, lancements, rentrées atmosphériques, éphémérides, météo, parfois radar. Un enquêteur peut se déplacer. Le dossier est publié avec sa classe, y compris quand la conclusion est qu'on ne sait pas. C'est cette publication systématique, y compris des échecs, qui distingue le dispositif des sites qui ne racontent que les cas spectaculaires — un travers décrit dans légendes et folklore.

Ce qu'on prend pour un OVNI

Les identifications relevées sont toujours les mêmes. Vénus, de loin la première cause, brillante et basse sur l'horizon, apparemment immobile puis mouvante quand l'observateur bouge. Les lanternes thaïlandaises, qui ont produit des vagues entières de signalements depuis les années 2000. Les satellites et désormais les trains de satellites, qui défilent en ligne. Les rentrées atmosphériques d'étages de fusée, longues et silencieuses. Les ballons, les drones, les reflets sur une vitre. La liste est courte et couvre l'écrasante majorité des cas.

La suite du dossier

La méthode d'instruction du GEIPAN — chronologie, recoupement, hypothèses testées — est celle qu'on retrouve dans fantômes et hantises, à ceci près qu'elle y est rarement appliquée. Les récits d'enlèvement croisent expériences et EMI, notamment la paralysie du sommeil. Et la façon dont une observation devient une histoire relève de légendes et folklore.

Tous les dossiers sur les OVNI et les phénomènes du ciel

Les OVNI, questions de départ

Qu'est-ce que le GEIPAN ?

Le Groupe d'études et d'informations sur les phénomènes aérospatiaux non identifiés, un service public rattaché au CNES, créé en 1977 sous le nom de GEPAN. Il recueille les témoignages d'observation en France, les instruit et publie ses dossiers en ligne. Peu de pays disposent d'un organisme civil et public chargé de cela.

Que veulent dire les classes A, B, C et D ?

A : identifié avec certitude. B : probablement identifié, une hypothèse tient sans être démontrée. C : non identifiable faute de données exploitables — c'est la classe la plus fournie, et elle signale un témoignage trop pauvre, pas un mystère. D : non identifié malgré des données consistantes. Les cas D représentent environ 3 % des plus de 3 000 cas instruits.

Qu'est-ce qu'on prend le plus souvent pour un OVNI ?

Vénus arrive largement en tête : brillante, basse sur l'horizon, apparemment immobile puis mouvante quand l'observateur se déplace. Viennent ensuite les lanternes thaïlandaises, qui ont produit des vagues entières de signalements depuis les années 2000, les satellites et leurs trains, les rentrées atmosphériques d'étages de fusée, les ballons, les drones et les reflets sur une vitre.