Passer au contenu

Ce qu’on prend pour un OVNI : la liste, par fréquence

OVNI et phénomènes du ciel
Photo : Giorgia Hofer/IAU OAE, CC BY 4.0

Les identifications relevées par les organismes qui instruisent les signalements sont étonnamment répétitives. Connaître la liste permet d’écarter en quelques minutes la grande majorité des observations — et de reconnaître celles qui n’y entrent pas.

Vénus, de très loin la première

C’est la cause numéro un, et par une marge considérable. Vénus est l’astre le plus brillant du ciel après le Soleil et la Lune, et apparaît bas sur l’horizon le matin ou le soir. Trois effets expliquent les signalements : l’autocinétique, qui fait paraître mobile un point lumineux fixe observé dans un ciel sombre sans repère ; la scintillation, qui lui fait changer de couleur près de l’horizon, à travers une épaisseur d’atmosphère plus grande ; et le mouvement apparent quand l’observateur se déplace — un astre bas semble suivre une voiture.

Les lanternes

Les lanternes volantes dites thaïlandaises ont produit des vagues entières de signalements depuis les années 2000. Caractéristiques : lumière orange, montée lente, déplacement au gré du vent donc trajectoire commune à plusieurs d’entre elles, extinction brutale quand la flamme s’épuise. Un groupe de lumières orange silencieuses un soir de fête est une lanternade jusqu’à preuve du contraire.

Satellites et rentrées

Un satellite traverse le ciel en quelques minutes, d’un point lumineux fixe en éclat, sans bruit, en ligne droite. Les trains de satellites des constellations récentes défilent en file et surprennent encore beaucoup. Une rentrée atmosphérique d’étage de fusée produit un spectacle très différent : plusieurs fragments lumineux avançant ensemble, lentement, parfois sur une minute entière, silencieux. C’est l’une des causes les plus spectaculaires et les plus facilement vérifiables, puisque les rentrées sont cataloguées.

Le reste

Ballons météo et de loisir, qui montent lentement et brillent au soleil. Drones, dont les feux clignotants sont devenus une cause majeure depuis les années 2010. Avions vus de face ou de loin, dont les feux d’atterrissage paraissent immobiles. Publicité aérienne et projecteurs de discothèque renvoyés par la couche nuageuse. Reflets sur une vitre, qui expliquent beaucoup de photographies. Oiseaux et insectes près de l’objectif, qui expliquent presque toutes les vidéos de « formes rapides » non vues sur le moment.

Ce qu’on en sait. Cette liste couvre l’écrasante majorité des cas instruits. Les trois questions qui permettent d’écarter le plus vite : quelle direction — un objet au sud-ouest en soirée est un candidat Vénus sérieux ; quelle durée — quelques secondes relèvent d’un satellite ou d’un météore, plusieurs dizaines de minutes d’un astre ; y avait-il du bruit — un engin volant proche et silencieux est beaucoup plus rare qu’un engin lointain.

Il reste environ 3 % de cas que cette liste n’épuise pas, et c’est exactement ce que dit la classe D.

Pour creuser

Les classes sont détaillées dans les classes A, B, C et D, et la procédure dans le GEIPAN. Pour deux dossiers qui échappent à cette liste, voir Trans-en-Provence et la vague belge.

Les questions qu’on m’écrit

Pourquoi Vénus est-elle si souvent prise pour un OVNI ?

Trois effets se combinent. L'autocinétique fait paraître mobile un point lumineux fixe observé dans un ciel sombre sans repère. La scintillation lui fait changer de couleur près de l'horizon, à travers une plus grande épaisseur d'atmosphère. Et un astre bas semble suivre un observateur qui se déplace. Vénus est l'astre le plus brillant après le Soleil et la Lune.

Comment reconnaître une lanterne volante ?

À sa lumière orange, à sa montée lente, à son déplacement au gré du vent — donc une trajectoire commune quand plusieurs sont lâchées ensemble — et à son extinction brutale quand la flamme s'épuise. Un groupe de lumières orange silencieuses un soir de fête est une lanternade jusqu'à preuve du contraire.

À quoi ressemble une rentrée atmosphérique ?

À plusieurs fragments lumineux avançant ensemble, lentement, parfois sur une minute entière, et silencieusement. C'est très différent d'un météore, qui dure une seconde ou deux. Les rentrées d'étages de fusée sont cataloguées, ce qui rend l'hypothèse facilement vérifiable à partir de la date et de l'heure.

Dans la même famille : OVNI et phénomènes du ciel

Toute la rubrique OVNI et phénomènes du ciel

Pour creuser ailleurs