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Fantômes et hantises

Apparitions, esprits frappeurs, voix enregistrées : les récits, et ce que l'enquête en fait.

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Fantômes et hantises
Photo : Jan Matejko, Public domain

Les récits de hantise se ressemblent plus qu'on ne l'imagine, et c'est leur première caractéristique intéressante. Pas de ventilation ni de volets : des pas à l'étage vide, des portes qui claquent, des objets déplacés, une sensation de présence, un point froid. Le même répertoire revient d'un siècle à l'autre et d'un pays à l'autre, ce qui dit soit quelque chose du phénomène, soit quelque chose de notre perception. Les deux hypothèses méritent d'être tenues en même temps.

Le vocabulaire

Une apparition est une forme perçue. Une hantise est un ensemble de phénomènes attachés à un lieu et répétés dans le temps. Un poltergeist — « esprit frappeur », de l'allemand — désigne autre chose encore : des déplacements d'objets, des coups, des bruits, souvent attachés à une personne plutôt qu'à un lieu, et dont les épisodes sont courts, de quelques semaines à quelques mois. La distinction compte, parce que les trois ne se vérifient pas de la même façon.

Ce que les causes matérielles expliquent

Beaucoup, et il faut commencer par là. La dilatation thermique fait craquer un plancher à heure régulière, quand la température chute. Un courant d'air entre deux ouvertures referme une porte sans qu'on sente le souffle. Les infrasons, sous 20 hertz, sont inaudibles mais perceptibles : en 1998, l'ingénieur britannique Vic Tandy a identifié dans un laboratoire réputé hanté un ventilateur produisant une onde à 18,9 Hz ; la sensation de présence a cessé avec lui.

Le monoxyde de carbone mérite une place à part, parce qu'il n'est pas qu'une curiosité. Une intoxication lente provoque maux de tête, confusion, et hallucinations visuelles et auditives. Un cas publié en 1921 dans l'American Journal of Ophthalmology décrit une famille convaincue d'habiter une maison hantée : la chaudière était en cause. Le gaz est incolore et inodore. Des phénomènes qui touchent plusieurs occupants d'un même logement justifient un détecteur avant toute autre hypothèse.

Ce qui reste

Une fois tout cela écarté, il subsiste des dossiers. Pas beaucoup, et rarement les plus spectaculaires — ceux-là s'effondrent les premiers. Ce qui reste tient souvent à peu de choses : un témoignage multiple et concordant, une chronologie serrée, l'absence de bénéfice pour les témoins. Cela ne prouve rien, et je l'écris quand c'est le cas plutôt que de conclure à la place du lecteur.

La suite du dossier

Les lieux qui portent ces récits sont traités dans lieux hantés. Les sensations nocturnes de présence relèvent souvent de expériences et EMI, où la paralysie du sommeil est décrite en détail. La façon dont un récit se transforme en circulant est exposée dans légendes et folklore, et les enquêtes de terrain organisées se rapprochent de ce que fait le GEIPAN pour le ciel : voir OVNI et phénomènes du ciel.

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Les hantises, questions de départ

Quelle différence entre une hantise et un poltergeist ?

Une hantise est attachée à un lieu et se répète dans le temps, parfois sur des années. Un poltergeist — « esprit frappeur » en allemand — désigne des déplacements d'objets et des coups, généralement attachés à une personne plutôt qu'à un lieu, et dont les épisodes sont courts : quelques semaines à quelques mois. Les deux ne s'enquêtent pas de la même façon.

Les infrasons peuvent-ils provoquer une sensation de présence ?

C'est ce qu'a mis en évidence l'ingénieur britannique Vic Tandy en 1998 dans un laboratoire réputé hanté : un ventilateur produisait une onde à 18,9 Hz, sous le seuil d'audition. La sensation de présence et les perceptions visuelles en coin d'œil ont cessé quand le ventilateur a été arrêté. C'est l'une des pistes à écarter en premier.

Pourquoi parler de monoxyde de carbone dans une enquête de hantise ?

Parce qu'une intoxication lente provoque maux de tête, confusion et hallucinations visuelles et auditives, et que le gaz est incolore et inodore. Un cas publié en 1921 dans l'American Journal of Ophthalmology décrit une famille convaincue d'habiter une maison hantée, avec la chaudière en cause. Des phénomènes touchant plusieurs occupants d'un même logement justifient un détecteur avant toute autre hypothèse.