Le GEIPAN : comment un signalement est traité
La France dispose d’une chose que peu de pays possèdent : un organisme public et civil chargé de recueillir et d’instruire les témoignages d’observation dans le ciel, dont les dossiers sont consultables par tout le monde. C’est le point de départ obligé de toute discussion sérieuse sur le sujet en français.
Ce que c’est
Le GEIPAN — Groupe d’études et d’informations sur les phénomènes aérospatiaux non identifiés — est un service du CNES, le Centre national d’études spatiales. Il a été créé en 1977 sous le nom de GEPAN, à la suite notamment des travaux du Centre national de la recherche scientifique sur les observations des années 1950-1970. Il a changé deux fois de nom et connu des périodes d’activité réduite, mais la continuité est établie depuis près de cinquante ans.
Point de vocabulaire : le GEIPAN ne parle pas d’OVNI mais de PAN, phénomène aérospatial non identifié. Ce n’est pas une coquetterie. « Objet volant » suppose un objet et un vol, deux choses qu’un témoignage ne permet pas d’établir : un point lumineux dans le ciel est un phénomène observé, pas nécessairement un objet.
Le circuit d’un signalement
Le témoin remplit un formulaire en ligne : date, heure précise, lieu, direction, hauteur apparente, durée, conditions météo, ce qu’il faisait. Les témoignages peuvent aussi arriver par la gendarmerie, qui recueille les dépositions et les transmet — c’est un circuit historique, toujours actif.
Vient l’instruction. Le dossier est recoupé avec les données disponibles : trafic aérien civil et militaire, lancements et rentrées atmosphériques, éphémérides astronomiques — position de Vénus et de la Lune à l’heure dite —, relevés météo, lâchers de ballons, parfois données radar. Des enquêteurs bénévoles formés peuvent se déplacer, interroger les témoins séparément et relever le terrain.
Enfin la classification et la publication. Chaque cas reçoit une classe de A à D, et le dossier est mis en ligne — y compris quand la conclusion est qu’on ne sait pas. C’est cette publication systématique des échecs qui distingue le dispositif de la plupart des sources sur le sujet.
Ce qu’on en sait. Plus de 3 000 cas ont été instruits. Environ 3 % sont classés D, c’est-à-dire non identifiés malgré des données consistantes. Ce chiffre mérite d’être lu dans les deux sens : il est assez bas pour écarter l’idée d’un ciel quotidiennement visité, et assez stable pour qu’on ne puisse pas prétendre que tout est expliqué.
Le GEIPAN ne se prononce pas sur l’origine des phénomènes qu’il ne parvient pas à identifier, et il le dit explicitement. Non-identifié ne signifie pas extraterrestre ; cela signifie non identifié.
Pour creuser
Le détail des quatre classes est expliqué dans les classes A, B, C et D. Les deux affaires françaises les plus instruites sont traitées dans Trans-en-Provence et la vague belge. Pour les méprises les plus fréquentes, voir ce qu’on prend pour un OVNI.
Les questions qu’on m’écrit
Qui peut signaler une observation au GEIPAN ?
N'importe qui, par un formulaire en ligne demandant date, heure, lieu, direction, hauteur apparente, durée et conditions d'observation. Les témoignages peuvent aussi passer par la gendarmerie, qui recueille les dépositions et les transmet — c'est un circuit historique, toujours actif.
Pourquoi le GEIPAN dit-il PAN et non OVNI ?
Parce que « objet volant » suppose un objet et un vol, deux choses qu'un témoignage ne permet pas d'établir. PAN signifie phénomène aérospatial non identifié : un point lumineux dans le ciel est un phénomène observé, pas nécessairement un objet. Le vocabulaire engage moins que l'autre.
Le GEIPAN publie-t-il les cas qu'il n'explique pas ?
Oui, et c'est ce qui distingue le dispositif de la plupart des sources sur le sujet : chaque dossier instruit est mis en ligne avec sa classe, y compris quand la conclusion est qu'on ne sait pas. Environ 3 % des plus de 3 000 cas instruits sont classés D, c'est-à-dire non identifiés malgré des données consistantes.
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