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Je suis Vincent, quinze ans à vérifier des histoires de fantômes, et une maison de famille où les portes claquaient toutes seules.

L'histoire d'abord. Ce qu'on en sait ensuite.

Chaque article raconte le récit tel qu'il circule, puis déroule ce qu'on en sait réellement : la date de la première mention, la source, ce qui a été ajouté après coup, ce qui reste sans explication. La France a pour cela un organisme public, le GEIPAN, créé en 1977 : il a instruit plus de 3 000 cas et en classe environ 3 % comme inexpliqués.

Sous-bois dans la brume, lumière filtrant entre les troncs
Photo : Hannes Flo from Austria, CC BY 2.0

La question de la date règle la moitié des dossiers

C'est le réflexe le plus utile quand une histoire circule : chercher sa première mention écrite. L'exercice est décevant et instructif. Quantité de légendes présentées comme médiévales n'apparaissent dans aucun texte avant le XIXe siècle, quand le romantisme et les sociétés savantes locales se sont mis à collecter — et parfois à compléter — les traditions orales. Quantité d'histoires « anciennes » de maisons hantées datent en réalité de l'après-guerre.

1934 La photographie dite « du chirurgien » paraît dans le Daily Mail : un cou émergeant de l'eau du Loch Ness.
1994 L'un des participants décrit le montage : un cou de serpent en bois fixé sur un sous-marin jouet. Soixante ans de circulation.
1977 Création du GEPAN, devenu GEIPAN, rattaché au CNES : un organisme public dont les dossiers sont consultables.

Savoir que la bête du Gévaudan a tué une centaine de personnes entre 1764 et 1767, procès-verbaux et registres paroissiaux à l'appui, rend l'affaire plus intéressante que n'importe quelle version brodée. Et avant d'avoir cherché cette date, je déconseille de se faire une opinion : c'est elle qui décide de ce que vaut le reste.

Ce qu'on regarde avant de parler de surnaturel

Les causes matérielles passent en premier, et elles expliquent beaucoup. Un plancher qui craque à heure fixe suit la dilatation thermique. Des portes qui claquent seules signalent un courant d'air entre deux ouvertures. Les infrasons, sous 20 hertz, sont inaudibles mais perceptibles : une expérience menée en 1998 par l'ingénieur Vic Tandy dans un laboratoire réputé hanté a identifié un ventilateur produisant une onde à 18,9 Hz, et la sensation de présence a disparu avec lui.

Le monoxyde de carbone mérite une mention à part, parce qu'il n'est pas qu'une curiosité d'enquête. Une intoxication lente provoque maux de tête, confusion et hallucinations visuelles et auditives. Un cas de 1921 publié dans l'American Journal of Ophthalmology décrit une famille convaincue d'habiter une maison hantée : la chaudière était en cause. Le gaz est incolore et inodore. Une histoire de hantise qui touche plusieurs occupants d'un même logement justifie d'abord un détecteur.

  1. Quand ? Première mention écrite, pas première mention connue de vous.
  2. Qui le raconte ? Témoin direct, ou récit transmis par un tiers.
  3. Qu'est-ce qui a changé ? Travaux, chauffage, saison, nouvel occupant.
  4. Qu'est-ce qui reste ? Une fois le reste écarté, ce qui subsiste mérite d'être écrit tel quel.

La plupart des dossiers s'arrêtent à la première question. Les plus intéressants vont jusqu'à la quatrième et n'y répondent pas. Sur l'existence du surnaturel, je ne prétendrai pas trancher : je m'arrête à ce qui se vérifie, et je dis quand ça ne se vérifie pas.

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Ce site croit-il aux fantômes ?

Le site ne tranche pas, et ce n'est pas une coquetterie : chaque article raconte d'abord l'histoire telle qu'elle circule, puis expose ce qu'on en sait réellement — les dates, les sources, ce qui est attesté, ce qui a été inventé après coup, et ce qui reste sans explication. Dans un bon tiers des cas, l'enquête ne conclut pas. Je l'écris quand c'est le cas plutôt que de choisir un camp.

Qu'est-ce que le GEIPAN ?

Le Groupe d'études et d'informations sur les phénomènes aérospatiaux non identifiés, un service public rattaché au CNES, créé en 1977 sous le nom de GEPAN. Il recueille les témoignages d'observation en France, les instruit et publie ses dossiers. C'est une singularité française : peu de pays disposent d'un organisme civil et public chargé de cela, et ses archives sont consultables en ligne.

Comment vérifie-t-on une histoire de hantise ?

Par l'ordre inverse de celui qu'on attend. D'abord la date et la source la plus ancienne : beaucoup de légendes « médiévales » n'apparaissent dans aucun texte avant le XIXe siècle. Ensuite les causes matérielles — courants d'air, tassement de charpente, infrasons, monoxyde de carbone. Et seulement ensuite ce qui résiste. La plupart des dossiers s'arrêtent à la première étape.

Le site vend-il quelque chose ?

Non. Il accueille des liens sponsorisés et des articles partenaires, signalés comme tels, et c'est tout. Aucun lien commercial n'est placé dans une page qui met en garde contre une pratique, et je ne relaie aucune offre de consultation, de désenvoûtement ou de chasse aux fantômes payante.