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Les classes A, B, C et D : ce qu’elles veulent dire

OVNI et phénomènes du ciel
Photo : Giorgia Hofer/IAU OAE, CC BY 4.0

Chaque cas instruit par le GEIPAN reçoit une classe. La grille paraît simple ; elle est régulièrement mal lue, et une seule confusion suffit à fausser toutes les statistiques qu’on en tire.

Les quatre classes

Classe A — identifié. L’hypothèse est établie sans ambiguïté : le témoin a vu Vénus, un ballon-sonde, la rentrée d’un étage de fusée, et on peut le démontrer. Date, heure et direction concordent avec un événement connu.

Classe B — probablement identifié. Une hypothèse tient très bien et rend compte de l’observation, sans qu’on puisse la démontrer formellement — souvent parce qu’il manque une donnée de confirmation. C’est la classe la plus honnête de la grille : elle dit « très probablement ceci », pas « ceci ».

Classe C — non identifiable. Et c’est ici que se joue le contresens. La classe C ne signale aucun mystère : elle signale un témoignage trop pauvre pour être instruit. Heure approximative, direction incertaine, durée inconnue, témoin unique. Sans données, aucune hypothèse ne peut être testée, donc aucune conclusion n’est possible. C’est la classe la plus fournie, de très loin.

Classe D — non identifié. Deux sous-cas. D1 : les données sont insuffisantes mais le phénomène décrit est consistant. D2 : les données sont bonnes, les hypothèses ont été testées, et aucune ne rend compte de l’observation. C’est la classe qui compte, et elle représente environ 3 % des cas.

Ce qu’on en sait. L’erreur la plus répandue consiste à additionner C et D pour annoncer un pourcentage élevé de cas « inexpliqués ». C’est un contresens : la classe C ne dit rien du phénomène, elle dit quelque chose du témoignage. Un ciel entièrement banal produirait exactement autant de classes C, puisqu’il suffit qu’un témoin regarde trop brièvement.

L’erreur symétrique consiste à écarter la classe D en expliquant qu’une explication finira bien par venir. C’est possible, et c’est précisément ce que la classe dit : on n’en a pas trouvé. Le dispositif a l’honnêteté de publier ces dossiers plutôt que de les enterrer, et la moindre des choses est de les lire tels qu’ils sont.

Comment lire un dossier

Trois choses à regarder en priorité : le nombre de témoins indépendants, la durée de l’observation — plus elle est longue, plus les données sont exploitables — et les hypothèses testées et écartées, qui figurent dans le compte rendu. Un dossier qui n’écarte rien explicitement n’a pas été instruit.

Pour creuser

Le fonctionnement complet de l’organisme est décrit dans le GEIPAN. Les causes les plus fréquentes sont listées dans ce qu’on prend pour un OVNI. Pour deux dossiers classés D, voir Trans-en-Provence et OVNI et phénomènes du ciel.

Les questions qu’on m’écrit

Que signifie la classe C ?

Non identifiable : le témoignage est trop pauvre pour être instruit — heure approximative, direction incertaine, durée inconnue, témoin unique. Elle ne signale aucun mystère, seulement l'absence de données exploitables. C'est la classe la plus fournie de très loin, et l'additionner à la classe D pour annoncer un taux d'inexpliqué est un contresens.

Quelle différence entre D1 et D2 ?

D1 : les données sont insuffisantes mais le phénomène décrit est consistant. D2 : les données sont bonnes, les hypothèses ont été testées et aucune ne rend compte de l'observation. C'est la classe D dans son ensemble qui représente environ 3 % des cas instruits.

Comment lire un dossier du GEIPAN ?

En regardant trois choses : le nombre de témoins indépendants, la durée de l'observation — plus elle est longue, plus les données sont exploitables — et la liste des hypothèses testées et écartées, qui figure dans le compte rendu. Un dossier qui n'écarte rien explicitement n'a pas été instruit.

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