Passer au contenu

Sanatoriums et bâtiments abandonnés : pourquoi ces lieux-là

Lieux hantés
Photo : hugh llewelyn, CC BY-SA 2.0

C’est la famille de lieux hantés la plus récente, et la plus homogène : sanatoriums, hôpitaux psychiatriques, usines, écoles. Leur réputation ne vient jamais du Moyen Âge. Elle date presque toujours de leur fermeture, donc du XXe siècle, et souvent des années qui suivent immédiatement l’abandon.

Pourquoi ces lieux-là

Quatre raisons se cumulent, et aucune n’est surnaturelle.

D’abord l’histoire du lieu : un sanatorium a vu mourir des gens, et beaucoup. Les sanatoriums antituberculeux, construits en masse en France entre les années 1900 et 1950, ont été vidés par l’arrivée des antibiotiques après 1945 — un bâtiment entier devenu inutile en quelques années, avec ce qu’il contenait d’histoires.

Ensuite l’architecture : couloirs longs, grandes volumétries, matériaux durs. Un bâtiment vide renvoie le son d’une façon qu’aucun logement meublé ne produit. Des pas à l’autre bout d’un couloir semblent proches, et le moindre bruit porte.

Puis l’abandon lui-même : fenêtres cassées donc courants d’air, oiseaux et rongeurs installés, toitures qui travaillent, planchers qui cèdent. Un bâtiment à l’abandon fait du bruit en permanence.

Enfin la fréquentation : ces lieux attirent explorateurs urbains et groupes d’enquête, souvent de nuit, souvent à plusieurs. Les occasions de percevoir quelque chose s’y multiplient mécaniquement.

Ce qu’on en sait. La chronologie est le marqueur le plus parlant : quand on remonte une réputation de hantise de ce type, elle s’arrête presque toujours à un forum, une vidéo ou un article de presse locale, datable à l’année. Beaucoup de ces lieux sont devenus « hantés » après avoir été filmés.

Les risques, eux, sont parfaitement réels, et ce sont les seuls chiffres solides du dossier. Amiante dans les bâtiments d’avant 1997, planchers et escaliers effondrés, cages d’ascenseur ouvertes, verre au sol, installations électriques résiduelles. Des accidents graves se produisent chaque année, et l’intrusion dans une propriété privée reste une infraction, que le bâtiment soit gardé ou non.

Ce qui se visite

Certains sites reconvertis organisent des visites et des nuits encadrées, avec assurance et éclairage : c’est la seule façon légale de voir ces lieux. Les friches non reconverties sont fermées et surveillées, y compris quand elles paraissent à l’abandon total.

Pour creuser

Les causes matérielles des bruits sont détaillées dans comment on enquête sur une hantise, et les enregistrements réalisés sur place dans les voix électroniques. Pour les lieux plus anciens, voir les catacombes de Paris et lieux hantés.

Les questions qu’on m’écrit

Pourquoi tant de sanatoriums sont-ils réputés hantés ?

Quatre raisons se cumulent : une histoire réelle de mortalité, une architecture de longs couloirs et de grandes volumétries qui porte le son, un abandon qui produit courants d'air, bruits de toiture et faune installée, et une fréquentation nocturne par des groupes d'explorateurs. Les sanatoriums antituberculeux français ont été vidés par l'arrivée des antibiotiques après 1945.

De quand datent ces réputations ?

Presque toujours de la fermeture du bâtiment, donc du XXe siècle, et souvent des années qui suivent l'abandon. Quand on remonte la chaîne, elle s'arrête le plus souvent à un forum, une vidéo ou un article de presse locale, datable à l'année : beaucoup de ces lieux sont devenus hantés après avoir été filmés.

Quels sont les risques réels sur place ?

Amiante dans les bâtiments antérieurs à 1997, planchers et escaliers effondrés, cages d'ascenseur ouvertes, verre au sol, installations électriques résiduelles. Des accidents graves se produisent chaque année. L'intrusion dans une propriété privée reste par ailleurs une infraction, que le lieu paraisse gardé ou non.

Dans la même famille : Lieux hantés

Toute la rubrique Lieux hantés

Pour creuser ailleurs