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Les voix électroniques : ce que les enregistrements contiennent

Fantômes et hantises
Photo : Jan Matejko, Public domain

La pratique porte plusieurs noms : phénomène de voix électronique, abrégé EVP en anglais, ou transcommunication instrumentale. Elle consiste à enregistrer dans une pièce silencieuse, puis à écouter la bande en cherchant des voix qui n’étaient pas audibles sur le moment.

Le récit

L’histoire commence en 1959 avec Friedrich Jürgenson, peintre et cinéaste suédois qui enregistre des chants d’oiseaux et croit entendre, à la réécoute, des voix s’adressant à lui. Il publie, il est lu. Le psychologue letton Konstantin Raudive reprend la méthode et publie en 1968 un ouvrage traduit sous le titre Breakthrough, où il transcrit des milliers de séquences. La pratique se diffuse ensuite dans tous les groupes d’enquête, et le matériel suit : magnétophones, radios balayant les fréquences, applications.

Le mode d’emploi est resté le même. Pièce calme, enregistrement de quelques minutes, questions posées à voix haute avec des silences entre elles, puis écoute attentive, souvent au casque et ralentie.

Ce qu’on en sait. Un mécanisme bien documenté rend compte de l’essentiel : la paréidolie auditive. Le système auditif est fait pour extraire de la parole d’un fond bruité — c’est ce qui permet de suivre une conversation dans un restaurant — et il le fait même quand il n’y a pas de parole. Un souffle, une interférence, un bruit de fond fournissent assez de matière pour que l’oreille y entende des syllabes.

Deux facteurs aggravent nettement l’effet. Le ralenti, qui transforme n’importe quel bruit bref en quelque chose de vocal. Et surtout, le fait de savoir ce qu’on est censé entendre : une séquence inintelligible devient claire dès qu’on en a lu la transcription, et on ne peut plus l’entendre autrement ensuite. C’est pour cela que les écoutes à l’aveugle, sans transcription préalable, donnent des résultats très différents — et nettement moins concluants.

S’y ajoutent les causes banales : radios voisines captées par un enregistreur mal isolé, téléphones, échos de conversations extérieures.

Ce qui tiendrait debout

Un protocole simple existerait pourtant : faire écouter les séquences à des auditeurs qui ne savent rien du contexte, sans transcription, et comparer ce qu’ils notent. Il est rarement appliqué, et quand il l’est, les transcriptions des auditeurs ne concordent pas entre elles. Ce n’est pas une réfutation du phénomène ; c’est la raison pour laquelle les enregistrements ne constituent pas une preuve.

Pour creuser

La méthode d’enquête complète est détaillée dans comment on enquête sur une hantise. Les affaires où ces enregistrements apparaissent sont décrites dans le poltergeist. Pour les lieux où ces veillées se tiennent, voir lieux hantés, et pour le vocabulaire général fantômes et hantises.

Les questions qu’on m’écrit

Qui a lancé la pratique des voix électroniques ?

Friedrich Jürgenson, peintre et cinéaste suédois, à partir de 1959 : il enregistrait des chants d'oiseaux et a cru entendre, à la réécoute, des voix s'adressant à lui. Le psychologue letton Konstantin Raudive a repris la méthode et publié en 1968 un ouvrage traduit sous le titre Breakthrough, qui transcrit des milliers de séquences.

Qu'est-ce que la paréidolie auditive ?

La tendance du système auditif à extraire de la parole d'un fond bruité. C'est ce qui permet de suivre une conversation dans un restaurant, et cela fonctionne même quand il n'y a pas de parole : un souffle ou une interférence fournissent assez de matière pour que l'oreille y entende des syllabes.

Pourquoi entend-on mieux la voix après avoir lu la transcription ?

Parce que savoir ce qu'on est censé entendre modifie la perception de façon durable : une séquence inintelligible devient claire et ne peut plus être entendue autrement. C'est la raison pour laquelle les écoutes à l'aveugle, sans transcription préalable, donnent des résultats nettement moins concluants — et pourquoi ces enregistrements ne constituent pas une preuve.

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